La montagne légèrement au-dessus de l'horizon
- quand le vide s'installe enfin à l'intérieur -
dentelle l'idée de dieu
La neige est revenue de loin
- du fin fond de l'hiver au début du printemps -
et a surpris tout le monde
Nous n'en demandions pas tant mais
nous acceptions dociles sa présence
- Le froid nous faisait bien râler, un peu,
pour la forme -
Et l'éternuement montait, doucement, nous chatouillant le nez
Attention - s'il s'expulse
le
temps du givre s'annonce
en plein coeur de l'éternité
Enfants sur une luge dans la neige
Futur chiens de traîneau de l'état.
Le monde a des métastases
La table ronde prévoit
Quelques degrés en désaccord.
L'homme de la terre
Ira essouffler le soleil
Se brûler les ailes:
fusées colonisatrices implosent
Casques lunaires étoiles-filantes
La gravité de la situation
(notre poids est multiplié par X facteurs)
Nous pourrons applaudir
En voie d'extinction.
Un début qui n’a pas encore commencé et une fin qui n’a pas été finalisée.
***
Ce poète ne connaît jamais la nuit, mais le soir!
***
Je n’aime pas les poètes qui se font de véritables cascadeurs dans leur poésie.
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I Tel considère le poète comme celui qui monte sur les chevaux des mots.
II Tel considère le poète comme celui qui monte sur les mots, comme des chevaux.
III Tel considère le poète comme celui qui monte sur les mots comme sur des chevaux.
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Le comble de l’insomnie, c’est de ne pas pouvoir dormir alors qu’on n’a pas sommeil, mais plutôt de ne pas pouvoir dormir alors qu’on a sommeil.
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Je réinterprète la poésie, des autres, sans le faire de la musique.
Donc, la musique est supérieure à la poésie.
Je réinterprète la poésie, sans le faire de la musique.
Donc, je préfère la musique à la poésie.
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En plein milieu de la nuit, j’ouvre les yeux, et je vois littéralement des chimères évoluer à quelques mètres de la porte de la chambre.
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En plein milieu de la nuit, j’ouvre les yeux, et j’imagine des phénomènes paranormaux. Pour me faire inexplicablement peur. Et j’y parviens.
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Un silence plusieurs fois centenaire a été trouvé au pied d’un arbre que l’on avait construit il y a à peine une année.
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Les hautes libellules ne sont pas forcément celles qui volent le plus haut dans le ciel.
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Entre le silence et l’immobilité de la pierre un espace interstellaire peut-être plus déconcentré encore que celui du cosmos.
ou plus lâche.
ou plus dense.
ou plus fluide.
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Il doit être très agréable aux oiseaux de mourir d’une mort naturelle en plein vol.
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Cet homme fait de la belle résistance en mourant: il sourit.
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Il a fallu à la mort beaucoup de talent pour que Mama meure aussi doucement et sereinement sans la moindre
convulsion.
***
FIN

Pataugez-vous en vin ? sera ma première question
Vous revendiquez l’ivresse et prenez l’éventualité divine à témoin
Mais cueillez-vous donc tant de fleurs ?
Au détriment du jeun, vous accomplissez la vie
Sans doute…
Khayam de
Nishâpur, ville de roses et de tulipes...
Rendez-vous compte mon cher savant !
Votre bosse des maths est votre prétexte au décompte
des jours
En compagnie du vin sur des routes en soie
Vous avez bu l’alcool du temps
Et sa victoire impliquait la rébellion…
Vers l’est, Ispahan et Samarkand où vous tissiez votre nom...
Vous jouiez sur des airs que tant ne comprenaient pas
Qu’en est-il de votre lumière ?
Conversation avec un fabricant de tentes persanes...
Vous me plaisez beaucoup décidément !
Mais pourquoi des fleurs ?
« Khayam qui cousait les tentes de l’intelligence, […] le brocanteur de destin le mis en vente contre du vent. »
Épitaphe au parfum d’insomnie,
D’insoumis aux yeux de djinn brillants de fièvre
Comment vous sortit-elle de terre ?
Tu te portes comme un charme du haut de tes neufs siècles !
Ce pays de soleil levant te fit jaillir du magma des hommes
Comme un défi
Retour au cœur du Khorâsân...
Mais le soleil ne naît-il plus là-bas ?
Que pensez-vous de la poussière ? votre poussière !
Khan de l’esprit
Artisan de l’hybris
Concepteur de décombres
Chantre de l’éphémère
La beauté vous était-elle une blessure ?
La litanie du vin,
La quête ou la fuite en la maison-du-vin
Meïhaane refuge en verres rouges enlacés
Comme ces femmes au nom de fleurs
Omar ben Ibrahim al-Khayami...
Comme toi je pense que les femmes sont des fleurs
Et, comme toi, j’aime le vin…

Je voudrais au moins une fois que ma poésie ressemble, même un tout petit peu, à cette fleur, dont je ne connais pas le nom, qui apparaît à l’intérieur d’une caravane, sans raison
apparente.
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Le pas est identique et égal à lui-même, mais le voyage change.
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Peut-être dans les premiers temps l’horizon arrêtait net l’homme des cavernes dans son voyage.
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J’aime être ce vagabond qui se contente tout le temps de frôler le voyage sans jamais, au grand jamais, l’effectuer.
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J’ai toujours été ce passager précaire du voyage qui se préfère de très nombreux autres voyageurs.
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Il existe trois types d’hommes:
1)ceux qui chaussent un temps plus grand qu’eux.
1)ceux qui chaussent un temps plus petit qu’eux.
1)ceux qui chaussent un temps égal à eux, sur mesure.
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Vivre c’est donner la main au temps qui est dépourvu de main.
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Il arrive qu’une caravane traîne non pas une fumée derrière elle, mais le feu lui-même.
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Un chien se retire d’une caravane sans aboyer. C’est curieux, alors que tout laisse entendre qu’on l’en avait chassé sous peu!
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Un pas improvisé de voyage a curieusement plus de feu qu’un pas prévu à l’avance.
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Une petite fille appelle son petit chien blanc Parce que.
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La poésie parle aussi de ces moments privilégiés où il ne se passe rien.
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Tant pis pour les mots qui n’ont pas peur du réel!
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Comment décrire la réalité avec les mots qui comptent 500 mystères?
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L’aimer, c’est s’emparer de son abandon même.
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Je ne comprends pas comment une femme peut juger de la beauté d’une autre femme. Il
faut être un homme pour cela. Je me souviens qu’à chaque fois qu’une femme me dit d’une autre femme qu’elle est belle, je me suis toujours trouvé en face d’une femme laide.
1.
tiens le matin qui se colle
aux fenêtres l’appel des
nuages lancé à
cris ouverts
mon visage a parfois ses ravages
qu’une nuit n’a pas connus
les profils obliques rendus
par les miroirs s’additionnent
2.
le soir n’en peut plus
de pleuvoir rose
deux idées s’accumulent
d’autres reviennent du jour alangui
j’écris à perte de contrôle
