<< Il n’y a absolument pas de différence
Amour
Entre la conscience du ventre et le feu qui nous pousse à le suivre
Il faut pouvoir courir – courir
Ou l’on se consumera sur place >>
Je me sens si proche du bonheur, et je me regarde vivre en osant encore me demander pourquoi ?
J’ai une femme auprès de moi qui dort et respire régulièrement, dans toute sa douceur et sa force.
Elle est une telle étendue d’amour et d’angoisse, tout comme moi, palpable et reine de ses contes de fées mais ne sachant évidemment pas la couleur du jour qui se lèvera demain.
Nous sommes uniques et autochtones en notre jardin d’Eden, conscients que d’un crépuscule à l’autre nous devrons vivre la chute…
Nous sommes heureux, c’est sûr ; portant peut-être avec sagesse nos erreurs et nos mensonges ; ayant vraisemblablement vécu et appris…
Alors nous voilà.
Mais nous ne sommes entiers que seuls…
Une proie, au détriment du doute
Se sacrifie au pieu de mes envies…
J’avoue le larcin, j’ai bu
J’ai triché, menti
Calciné le rebus des vœux
Pieux, fragiles, brisés…
La moindre sensation fausse
Un discours laid s’arroge le droit
D’exister
Vipère enrobe le doigt de jus
Et lèche jusqu’à en crever…
Morsure
Rendons la clé au pâtre !
Laissons le cynisme aux chiens !
Ghislaine de
Menten de Horne, La jeune Parque, 1935
L’harmonie de votre être est brisée de conscience
Et sa chute nouvelle a rompu l’insouciance.
Car vous êtes soudain devenue le miroir
De vous-même, et vos mains s’agitent sans vous voir.
La morsure de l’autre a rendu votre vue
Double, ambiguë et belle de vie qui se cherche ;
Dans l’opaque du ciel que vous contemplez nue,
Dans le bleu des embruns qui balance vos mèches.
Des larmes meurent sur votre corps étranger ;
Des pleurs roulent alors sans les avoir pleurés.
Des mots jaillissent forts de cet enfantement,
Des mots et des questions sortent d’un sifflement
Insidieux, tournoyant comme une fête fauve.
Un feu fixe et mouvant file, à la tête chauve.
Et vous suivez l’intrus sans être l’instrument
De votre volonté cédant aux pas pressants
De la curiosité.
Qui gouverne ce moi ?
Si ce n’était vous-même mais sous d’autres lois,
Engendrées par vous-même sous couvert d’un songe,
Pétri de sa grandeur d’universelle éponge,
Ecumante de moi, poreuse de sagesse,
Alléchante en ce cœur couronné de détresse ?
Alors la faim t’entraîne et soulève des voiles
Jusqu’alors inconnues qui s’enflent et te dévoilent.
La liane de ton corps s’étend vers le soleil
Aveugle qui te berce et te tend ses merveilles ;
Ton plaisir se conçoit du contact éternel
D’éléments ajustés à ta symbiose belle,
A la lumière fleuve déversant son souffle.
Synesthésie brutale où la mort se camoufle.
Mais déployant ta force et ton agilité,
Tu t’arraches sans heurs à sa brutalité.
Mais revoilà le doute... et la vie qui retombe.
De quel écho sinistre votre être se plombe ?
Sur quelle quête absurde vous voilà penchée ?
La dissonance belle de mortalité.
Ah ! l’appel de la tombe embrumé de fantasme,
Du repos de vos faims, de vos joies, de vos spasmes,
Ballant vos bras rompus à combler votre absence ;
La volonté perdue dans son double silence.
© Vedrana Donic'
La musique se veut désormais salvatrice
Le souvenir sauve ces visages
Et leur nom…
J’aime la résonance de leur vie
En moi – en moi qui suis encore et toujours là
Parmi moi, dans moi
Aspirant à la bouche de mes présences
Je mange, manque de choses nouvelles
Elles me dérangent, manquent à leur ombre propre
Le lointain s’affirme étrange, con, cruel
Et à son goût j’aspire encore pour un temps
Conque à la mer se sacrifiant à la distance
J’érige une statue à ré offrir sans cesse
À l’alliance atlantique
Pour remordre ses fesses à l’alliage hystérique
Accomplir la mission de nos chairs consumées
Tenter, tenter, tenter
La chance et ses revers sans but
Penser l’attente, penser
Jusqu’à l’évaporation
Satané rut
Mon poison d’homme en somme altruiste
Qui rêve l’âme et l’animalité
Comblées ensembles d’un seul jet :
Petite mort de ce grand jour !
Amertume d’un âge aux vues concentriques de ses failles -
Négligemment j’inspire
Et l’arbre m’avait reconnu
- Lui -
Comme séparé de ses racines
Mais s’élevant d’un même sol
(Alors l’arbre surprit le ciel)
Mort alors d'un excès de sang neuf irriguant son cerveau
on dit qu'il vit rouge la
dernière minute de son existence
Coup de sang et filtre à particules de ses colères
la buée s'éleva appauvrie d'une longue sécheresse
aboutissant à une forme nouvelle de coagulation
Si alors on l'avait bien compris
- sachant qu'il ne prononçait plus qu'une syllabe sur deux -
il aurait parlé de ses caillaux
comme d'un troupeau sombre de brebis
s'agitant sur un astre d'évaporation
L'évidence même de son prochain désert
ne l'empêchait de penser à la pluie
à une certaine émulsion retrouvée
et au retour probable de la fluidité
Je vais pâlir un jour
Et refermer l’objet de mes lectures -
Devrai-je dire le noir de mes yeux face au monde ?
-----En attendant
La musique emplira ces journées
Comme l’eau les gours d’un torrent
Comme le soleil mûrissant le grenat des raisins
J’essaierai d’être simplement au monde
Et d’ouvrir tous mes sens à sa beauté absurde
J’apprendrai à défaire mes peurs et à me sentir vrai
-----Alors
Tout ne me semblera plus transitoire mais
Là au moment où ça est -
Dans son acceptation et son
