Une construction qui me
Tiendrait tête dans le seau humain
Une obligeance envers moi-même
Une préférence pour la crucifixion
-------Heureuse
Qu’on se déhanche pour
Subvenir à la curée
Qu’on contractualise nos rêves
En heurtant sur des troncs nos bras gantés de blanc
Catégorisons la nuée sous son venin
Écumons les oracles de peu d’horizon
-----Et venons-en aux mains !
À la courte paille tirons celle qui sera tranchée !
La hache se prépare à souiller le voleur
Le jeu que demain ne fera pas vainqueur
Subodore à l’odeur la rage de ses reins
La teinte du corps se répandra de gris
Sur les lignes autrefois
Infécondes germera
Des choses
Des choses d’entropie majeure
Belles comme l’hybride d’un rat
------Et d’une rose
Symbiose d’invécu
Surmontée du sceptre au charisme vengeur -
Le sceptre et sa mycose d’avoir
Trop voulu se frotter au sexe
Ce divin diviseur de races
Qui de folie féconda l’océan
Car il faudra s’épancher dans l’ombre
Découvrant le résidu de ses contours
Comme perdus par l’aura morte de sa chance -
Confiance sans nombre aux attentes du vent
Qui versera sans trop en faire
Les valses folles - surnuméraires
En trombes de vaches urinant
Sur le monde jusqu’au
------Débordement
Je me veux de mon temps et gerbe sur la raison !
Il n’aime pas son temps mais voudrait tant aimer -
Il s’efforce à souffler les braises du charnier
---------Qu’on se souvienne !
Qu’on rappelle au bipède sa position
Jusqu’à l’humble plaisir de marcher sur les mains
Joignant à nos pieds nus leur coordination
Bancale - Réapprenons la joie du feu
L’incandescence des premiers lieux
La marée d’embryons convulsés de vie
Qui s’acharnait à essaimer la terre
Ferme d’un pied qui existera dans des milliards de corps -
---Plus tard -
-------Bien plus tard
Fatiha Cherdoudi
Prenant le large et un faux air de lune,
Tambours battants presque nuit le pavé,
Deux saltimbanques, souriants, bariolés,
Frôlent les épaules et les nuques brunes.
Leurs belles boucles ne mordent pas la poussière ;
Leurs sourires cajuns balaient d’un revers demain,
Leurs ailes poussent les grilles des jardins éphémères ;
Dans le ciel noir brille l’oiseau-trapèze urbain
Se balance au son percussions ... Ils s’élancent,
Ces anges déchirant le silence, le ciel ! - Phares
Illuminant les corps inertes, les cœurs rances !
Nous avions perdus joie. Les étoiles barbares
Piquaient mon cœur… Tandis que les anges du Transe
Passent, je renais par le plus grand des hasards ...
Grenoble, joli mois de mai 2011
Départ sur les chapeaux de roues
Quito n’a plus son visage d’Ange
Une Flèche brûle entre nous
Et Le soleil brise ses phalanges
Sur le pick-up qui m’emmène loin
Des souvenirs proches des enfers
Et fumer me rappelle moins
L’image jaunie par la poussière
J’ai les épaules glacées solides
L’œil sec du joyeux vagabond
Rêves de joyaux au baluchon
J’ai les amours glacées pas solides
Oublie oublie-moi joli(e)
En tirant la langue aux arcs-en-ciel
Cinq doigts d’honneurs épouvantails
Mouchent les étoiles à la chandelle
Et la main quelquefois canaille
Pleure pas mon cœur t’es dans mon cœur
Accords mineurs sur ma guitare
Cinq doigts d’amour brûlent mes erreurs
Sourire de singe vert au miroir
Oublie oublie-moi joli(e)
Clope au vent mèche en dentelle
L’espoir fait rire les vautours nus
Et danser les occasionnelles
Etreintes chinoises de pendus
Oh les beaux jours filent et défilent
Sur le stéréoscope des nues
Eldorado hors des idylles
Coussins d’ange ou d’orage en vue
Je veux des heures des océans
J’ai mon baluchon plein de rêves
J’avais plein d’amour dans le temps
Puis m’acquitter de mes vieux rêves
Le pick-up touchera l’océan
Libre je plongerai tête la première
Le pick-up rouillé brûlant
Brouillant tes yeux éteints et fiers
Adieu radieux triste joli(e)
Les jours bleu nuit sont dépassés
Claque la serrure du Paradis
Brûle ma soif d’immense été.
Oublie oublie-moi joli(e)
Urvarà
Dans tes pages
Comme en un rêve concentrique
Misère et beauté de l’arbre
Qui penche au‐dessus du vide
Désordre des branches
Comme quand des milliers de bras
Arborent l’essence – tendus
Vers le haut – brûlure
L’ombre miroir du haut
Equivalence souterraine
Symétrie de la double tension
Sa réciprocité
Sa circulation
Odeur de sève
La vie qui coule lente
Et la conjugaison des feuilles
Le changement qu’on ne voit pas
Puis la terre
L’impact en terre creuse
Du déferlement des eaux
L’attente qui pousse
Le temps qui passe
Urvarà
Ton histoire
Comme en un rêve concentrique
J’entrouvre enfin mes yeux
Je laisse l’air s’enfuir
Je respire en ton nom
Et laisse l’air venir
Repartir
Revenir
Repartir
J’oublie dans la respiration du monde
Le sacrifice du souffle coupé
La douleur de la table rase
Les larmes qui déroulent
Et s’effacent à l’orée
Du désert
Urvarà
Ta mémoire
Ancrée dans un sommeil de pierre
