Au Commencement... du dégoût, il n’y a rien
D’autre que ce qui saccage
Chaque jour un peu plus
La chanson de l’enfance.
Ce n’est qu’après que viennent,
Pour donner forme à ce dégoût,
Les sanglots étouffés
Les souvenirs sanglants,
Les paupières pendantes
Et les renoncements…
Ce soir, tu reviens de la Ville,
Tu reviens
Avide de sarcasmes,
Tu reviens
Des spasmes de la Ville,
Tu reviens
Les idées vagues
Les idées…
Vaselines des Rêves.
D’où le dégoût s’élève… discrètement !
Au commencement du dégoût,
Du moins, du tiens
Il y a les Artistes,
Lézards tristes à l’ânonnement pleurnichard
A l’arrogante catharsis
Qui maquillent en un engagement fade
Une personnalité mièvre!
Ce soir tu reviens de la Ville Rêve.
La ville, d’où le dégoût s’élève bruyamment !
Devant toi
Le soir flambe.
Il n’ya plus rien ici.
Il reste le soir.
Un peu d’orgueil !
Allez !
Contrairement à ce qu’ils disent
Tu n’es pas de ceux qui remorquent les souvenirs !
Apogée de lumière :
Les cigales frileuses
Se taisent.
Le vent d’ouest caresse
Les herbes folles,
Les vagues
Et survole d’autres ports …
Entre nuages
Et giboulées :
Scintillement solaire,
Éclat diamantaire …
L’été tire
Sa flemme
Dans un soupir
Suprême …
Soleil de minuit
Sous le regard timide
du croissant
Les étoiles frangent
le ciel
Le soleil a glané
les poussières d’ambre
Sous le scintillement
de leur joli balai …
Elle vit de vertiges.
Suspendue
Comme une longue tige
Aux nues !
Artiste,
Elle écrit quelques textes
Lyriques,
Prétextes,
Mélanges d’amour et de sexe !
Elle se dit originale,
En proie
Aux élucubrations vénales
Et croit
Etre une femme libre
Sans port
En traitant la masse virile
De porcs !
Elle mélange volontiers
Les noms
Liberté, sexualité
Et son
Verbe sonne parfois
Original
Quand elle mêle orgasme et voie
Vaginale.
Pourtant, ses monologues n’ont rien
De très nouveau ;
Même quand elle en vient
A parler du clito.
Elle voudrait assassiner tous les tabous
Comme en son temps Clio…
Allons ! A chacun son ragoût.
Elle fait sa petite vaisselle
Dans sa cuvette féministe…
Je suis artiste
Dit-elle
Et c’est bien pour cette raison
Qu’elle ne se rase plus
Joker face
D’abord fut le cri. Très loin dans le temps, autant qu’on m’en souvienne, douloureux certes mais motivé, déjà.
Me donner un genre, d’abord, aberration née de l’emprisonnement fœtal, première expérience de l’humilité du cachot, du chaos de la solitude, vaste nécessité de l’entrainement au flottement et à la noyade : première endurance conjoncturelle de toute larve humaine.
Une fois dehors, j’ai pleuré de devoir renier mes perceptions archaïques.
Apprentissage rapide de la parole, de la gestuelle, de l’escalade comme de la danse pour exister socialement, des us et des coutumes, et des uns, et des autres, et des battements de cils narquois devant le spectacle de l’affolement des rêves et des étoiles filantes pour me réfugier loin de l’orage du monde…Mon cœur joyeux s’efforce de battre seul et serein comme une anguille sous roche.
Amis ou assimilés, comment pourriez-vous être assurés que j’existe, que je suis bien là, face, avec vous ?
Oui, qui suis-je, égarée, oubliée, effacée, dans l’ombre agitée de la foule des êtres? Chaque seconde, captivante, m’emporte loin de ce que j’ai cru entrevoir furtivement de moi-même…
Amis aux doux miroirs, amis de longue haleine ou amis coup d’coeur, amis de cœur, amis décors, amis cleanex, où êtes-vous pour témoigner de moi-même ? Sur Facebook,,,,,,mais moi je n’y suis pas, en cet âge or et numérique, me voilà déjà transparente dans les cœurs, incapable de succomber aux baisers du double-clique, écoeurée par la doucereuse perspective de
porter l’anneau ancillaire de la communauté écorchée de l’écran
Ô cinquième colonne, ô mes amis, voyez comme j’existe, profonde et immédiate, mes traits increvables s’entrelacent en mots et images incandescents, goûts et couleurs libertines, petite littérature d’annonce, ouvrez grand vos beaux yeux, et vos bons coeurs, bondissant chaque seconde, comme c’est passionnant comme j’aime-j’aime-peut-être-pas le Dalaï-Breton ou Michaux, le Till death do us part de Louise Ciccone ou le pittoresque Clair de lune de ZZ -Beethov’, les falafels du Liban vert ou les iconoclastes golden kiwis estampillés New Zeland, vos yeux rieurs ou mes yeux ricaneurs, les lignes de démarcations ou les appels à la résistance
PLEASE NO WAR , PEACE, JUSTICE
AND WHAT ELSE ?
Ainsi à jamais gravé dans la mémoire virtuelle mon profil unique pourrait donc m’ouvrir la grande porte orange de vos cœurs !
Furtif oui ! Splendide et inespéré oui !
! JUST STAYIN’ ALIVE !
Je ne serais plus seule, bercée par l’intérêt évident avec lequel on me considère – c’est vrai que ma promesse fracassante de me métamorphoser en vampire sera - fenêtre après fenêtre mon image s’empare de vous autres devenant si unique et si immortelle
Enfin apaisée, je m’endors sur le Yaspop d’Arabology succombant à un énième compte à rebours de tous mes innombrables amis, so sweet and cheap, communauté jouissive d’éclatants youcouncouns, noyés au fin fond de la toile assourdissante.
