
Octogone aggravé de branches
Muet dans son corps simple et froid
Vrille ses ramifications
Au son du sang qui se déhanche
Il bourgeonne je ne sais quoi
Tant passe en lui sous ses bretelles
De ces silences à émotions
Qui se délivrent sous son poids
Mare gelée qui s’offre à celle
Si morte d’étouffer mes cris
Qu’elle avale ses rédemptions
Et tombe des nues qui s’emmêlent
Au tour du cheval de folie
À basculer dans la tempête
Noire et figée d’imprécations
Non dîtes au seuil de son mépris
La mort approche de la crête
Toute à se retourner les manches
Prête à l’ultime des actions :
Désaccorder la marionnette
La montagne légèrement au-dessus de l'horizon
- quand le vide s'installe enfin à l'intérieur -
dentelle l'idée de dieu
La neige est revenue de loin
- du fin fond de l'hiver au début du printemps -
et a surpris tout le monde
Nous n'en demandions pas tant mais
nous acceptions dociles sa présence
- Le froid nous faisait bien râler, un peu,
pour la forme -
Et l'éternuement montait, doucement, nous chatouillant le nez
Attention - s'il s'expulse
le
temps du givre s'annonce
en plein coeur de l'éternité

Pataugez-vous en vin ? sera ma première question
Vous revendiquez l’ivresse et prenez l’éventualité divine à témoin
Mais cueillez-vous donc tant de fleurs ?
Au détriment du jeun, vous accomplissez la vie
Sans doute…
Khayam de
Nishâpur, ville de roses et de tulipes...
Rendez-vous compte mon cher savant !
Votre bosse des maths est votre prétexte au décompte
des jours
En compagnie du vin sur des routes en soie
Vous avez bu l’alcool du temps
Et sa victoire impliquait la rébellion…
Vers l’est, Ispahan et Samarkand où vous tissiez votre nom...
Vous jouiez sur des airs que tant ne comprenaient pas
Qu’en est-il de votre lumière ?
Conversation avec un fabricant de tentes persanes...
Vous me plaisez beaucoup décidément !
Mais pourquoi des fleurs ?
« Khayam qui cousait les tentes de l’intelligence, […] le brocanteur de destin le mis en vente contre du vent. »
Épitaphe au parfum d’insomnie,
D’insoumis aux yeux de djinn brillants de fièvre
Comment vous sortit-elle de terre ?
Tu te portes comme un charme du haut de tes neufs siècles !
Ce pays de soleil levant te fit jaillir du magma des hommes
Comme un défi
Retour au cœur du Khorâsân...
Mais le soleil ne naît-il plus là-bas ?
Que pensez-vous de la poussière ? votre poussière !
Khan de l’esprit
Artisan de l’hybris
Concepteur de décombres
Chantre de l’éphémère
La beauté vous était-elle une blessure ?
La litanie du vin,
La quête ou la fuite en la maison-du-vin
Meïhaane refuge en verres rouges enlacés
Comme ces femmes au nom de fleurs
Omar ben Ibrahim al-Khayami...
Comme toi je pense que les femmes sont des fleurs
Et, comme toi, j’aime le vin…



