L’ÉPONGE !
L’infirmité s’offre à sécher
Spore-addict !
Mensonge véhément
L’immense événement songe
Une naissance
Faute d’aisance le voilà qui chie
Et Ponge qui se tourne dans sa chose
Les mots s’intensifient d’absence programmée -
Poreux j’affirme la suprématie
Des miroirs d’ondes incolores
Tout s’amplifie s’étoffe et gonfle
À poitrail pris d’annonce et enfle
Des bronchioles à broyer sous sa main - l’éponge
Parfois ‘faut qu’el’ se vide
Lui redonner pour se remplir
Pour finalement n’être qu’un
Va-et-vient prisonnier de l’eau
Je ne demande à personne de comprendre -
L’éponge se fond bouillante au
Souvenir rouge du corail
Et disparaît pour s’affirmer
Universelle – Que dalle !
Mutisme à force de courant
Hurlement vide – courage
L’éponge a des pieds de saumon
Pour remonter à nos surfaces
Resaluer pour replonger
Amphibie ambiguë avide
Déesse desséchée cherchant
De porte à porte
Un porte-voix
Où s’affirmer
Dans son habit de lin, rougi par le feu de la cheminée, passe le Père de Noël pour déposer dans les chaussons de laine,
les souliers bien cirés, des joujoux uniformes pour les enfants sages... et les crétins.
Elle reçoit des chocolats, lui, des bouteilles.
Ils ouvrent leurs paquets, sans surprise, sous l’oeil songeur des chérubins.
Pourtant, Noël est bien triste dans une maison sans marmots, avant c’est à peine s’ils le fêtaient !
Les enfants ne savent pas dissimuler leur émotion, leurs sentiments, c’est la vie qui leur apprendra à cacher, pour ne pas souffrir, ce qu’ils ressentent.
Noël, Noël, fête chrétienne, naissance du petit Jésus, Noël !
Un Kir royal et une coupe de champagne.
- Alors ça marche les affaires ?
- Pas mal, et toi, qu’est-ce que tu deviens ?
Du saumon de Norvège, un morceau de foie gras.
- Mamie sait se servir de l’Internet...
- A la SNCF c’est des voleurs...
Sole à l’armoricaine avec son riz sauvage.
- Je ne suis pas d’accord, dans l’administration, y a pas que des bandits.
- Tu aurais dû les vendre avant, tes actions de Cap Gemini.
Dinde aux marrons farcie, enrobée de purée.
- Non, non et non, vous ne comprenez rien !
- Attends !
- De toute façon on s’en fout…
- Mais, il n’est pas là le problème…
- T’avais qu’à l’acheter, toi, cet ordinateur ! »
Brie, fromages de chèvre et tome des alpages.
-Ecoutez ça, moi j’en ai une ! Quel est le point commun entre un pédé et un homme qui saute à l’élastique ?
- Je ne sais pas...
- Heu...
- Si l’élastique lâche, ils sont tous les deux dans la merde.
- Ah ah ah ah ah !
- C’est raciste !
Bûche au chocolat noir et salade exotique.
- Putain, j’ai trop bouffé !
- Ah... moi aussi.
- Bravo Mamie, c’était très copieux.
- Délicieux, mais...
- Les enfants, les enfants venez manger la bûche, c’est mamie qui l’a faite.
- J’en ai une, écoutez.
C’est le papa Noël qui va en Somalie, il demande aux parents : pourquoi sont-ils si maigres vos enfants ? Ils répondent, car ils ne mangent pas. Ils ne mangent pas, alors pas de cadeaux !
- Ah ah ah ah, elle est bonne
- C’est d’un mauvais goût !
Après le dessert, ils gavent leur foie de champagne bon marché, et de chocolats Réveillon,
en se disant qu’il va falloir remettre ça la semaine suivante.
Le grand-père qui se gave plus que tout autre, s’épanche un court instant sur sa jeunesse. Il raconte à ses petits-enfants que lui de son temps il n’avait à Noël qu’une orange, un morceau de sucre et un carreau de chocolat. Il leur dit qu’aujourd’hui c’est une époque heureuse, qu’il n’y a plus la guerre, qu’ils ne savent ce que c’est que la guerre, et qu’ils devraient vénérer leurs parents qui leur offrent de si beaux cadeaux, au lieu de les faire enrager.
Mais, que peuvent-ils y faire les enfants ?
Après tout, ce n’est pas de leur faute à eux si le grand-père n’avait pas beaucoup de cadeaux. Ils se disent que s’il avait été, comme eux, en ce soir de Noël un enfant, il n’aurait pas refusé les cadeaux. Et pourquoi, faudrait-il, d’ailleurs, remercier les parents, alors que c’est papa Noël qui paye la voiture télécommandée, la console, le soldat et ce pull tricoté qui n’était pas sur leur liste ?
Demain, dimanche, certains iront à l’église célébrer la naissance d’un certain Jésus, mort sur la croix il y a deux mille ans pour nous sauver.
Des clochards qui n’ont pas mangé de bûche, à la sortie de la messe feront la manche.
Une famille se tuera sur la route nationale reliant Valence à Lyon.
Des enfants joueront avec leur nouveau circuit électrique.
Des racailles, comme ils disent, commettront un vol à main armé.
Des enfants joueront aux gendarmes et aux voleurs.
L’année prochaine, quelques enfants auront grandi, et, ils ne croiront plus au père Noël.

- Tiens, la pétasse du troisième qui sort son clebs… elle a l’air fatiguée ! A elle, pas de bonjour…Aux collégiens non plus ! Ils m’agacent… avec eux faudrait pas que je laisse mon sac, ils seraient capables de me l’embarquer…C’est onze heures, c’est bizarre que la mémé ne soit pas allée aux commissions, j’attends mon café, moi…Allez, ça défile… ils ont tous l’air pressés…Et puis ces cons ils se ressemblent tous….Faut que je pense à changer de quartier moi…Enfin y’a la petite ici, comment je pourrais lui faire ça ?
Comment c’est arrivé ? Cela n’a plus tellement d’importance. Aujourd’hui, Christian a son monde à lui. Et puis, il ne se fait plus trop d’illusions, on s’habitue à tout.
-Ah ! Ca y est ! Elle arrive, enfin…Merci, Madame Dumas pour le café. Vous allez bien ? Ca va me revigorer un peu, c’est bien meilleur que celui du bistrot d’en face parce que vous seule savez comme je les aime, accompagnés d’une petite pièce…
Christian pose son café par terre, fouille dans son sac et sort sa grille de mots croisés. Tout en noircissant les cases, il regarde les passants. Il aime en même temps scruter leurs visages, leurs visages où il lit comme dans un livre ouvert :
- Un clodo qui fait des mots croisés…On aura tout vu.
Il referme le magazine, c’est l’heure de la petite… il la cherche des yeux, il l’aperçoit toujours de loin.
- Tiens, elle a pas l’air d’humeur aujourd’hui…
L’adolescente s’avance vers Christian et lui lance :
- Alors, toujours le cul par terre !
Il répond :
- Et toi, tu fais toujours la gueule ! c’est quoi cette fois-ci, princesse ?
- Mon père…J’ai eu une sale note en maths, il veut que je prenne des cours le samedi. En plus il m’a chopée en train de fumer un joint…
- T’aurais pas un bout pour ton Cricri ?
- Tu fais chier, j’suis à sec. T’as qu’à taxer tes confrères en face.
- Eux… tu déconnes ! ce sont des parasites, ils tournent qu’à la bière. Ils sont saouls à midi, ils dorment jusqu’à quatre heures et puis ils remettent ça, très peu pour moi…
- Oh mais t’es de la haute maintenant ! Tu fais le difficile.
- Eh ! petite pisseuse tu m’as apporté les bouquins…
- Ouais, je les ai dans mon sac, je comprends pas que tu lises ces conneries, Cricri… ça te sert à quoi ?
- Et toi, pourquoi tu les lis ?
- Très drôle ! moi, j’suis obligée…
- Ben alors, dis-toi que moi aussi.
L’adolescente sort des livres de son sac.
- Tiens, y’a un truc de Saint-Exupéry, un machin de je sais plus qui, tiens voilà Prévert et en peinture, j’ai les lettres de Van Gogh.
- Merci fillette…Tu me dépannerais pas d’un peu de tabac ?
- Tiens, sers-toi…bon faut que j’y aille, j’ai un cours de français avec cette prof merdique.
Une fois l’adolescente partie, Christian feuillette ses livres…Le temps passe…Il s’oublie un peu, il n’a pas envie de penser…de penser à la nuit, à ce soir…Peu à peu, la pénombre envahit la ville. Il prend son barda, se lève, jure : putain de mistral.
Il rôde à travers les rues, cherchant un endroit éclairé pour lire, ni trop peuplé ni trop désert. Des pensées le traversent :
- La nuit, voilà l’ennemie…la petite elle ne sait pas…elle me voit sourire…mais la nuit !
Au moins l’hiver, les centres sont ouverts, mais l’été ! Et avec tous ces saoulards qui débarquent dans le sud en bande…la nuit…si au moins j’avais un chien ou un pote, on se relaierait pour dormir…Cette putain de nuit ! Et encore s’il n’y avait que les flics, ceux là on ne sait pas s’il faut les craindre ou les aimer…Pas de lune en plus…Je vais me poser vers la boîte de nuit, y’a du passage jusqu’à cinq heures ; comme ça au moins, si je me fais taillader on m’entendra gueuler…
Je crois finalement que le cri de foi le plus fondamental reste tout de même le silence.
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Que voulez-vous, les hommes médiocres préfèrent la raison à la vérité!
Que voulez-vous, les hommes à peine moins médiocres que les précédents, préfèrent la beauté à la vérité.
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Est-il un seul homme qui ne respire sans la caution directe de Dieu?
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Le néant n’est qu’un simple petit raté du temps, par la volonté de Dieu.
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L’on ne pourra parler de poésie que le jour où l’on aura épuisé toutes les possibilités du réel.
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Un arbre bruit désespérément: c’est l’affaire linguistique du vent du matin.
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Le ruisseau est certes infiniment miraculeux, et je le sens nettement. Mais en dépit de l’attachement que je lui montre à tous les moments de ma vie, il ne me révélera jamais la fête des nymphes qui se déroule tout le temps à une de ses rives.
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Pour l’instant, la pierre est sous l’effet d’un puissant soporifique (métaphysique(?).
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Combien d’entre nous ne se gênent pas pour survivre lorsque l’un de nos plus chers proches meurt?
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La dernière respiration est préparée en nous de longue date.
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Si l’homme pouvait savoir à l’avance d’une minute uniquement tout ce qui lui surviendra, sa vie deviendrait un enfer. Dieu a fait les choses et il les a bien faites.
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Je jure devant Dieu que le bénéfice sublimissime que je retire à l’écoute d’une chanson d’Oum Koultoum est infiniment plus grand que celui qu’éprouve un milliardaire en dollars qui se délecte d’être aussi riche.
Je jure devant Dieu que le bénéfice sublimissime que je retire à l’écoute d’une chanson d’Oum Koultoum est infiniment plus grand que celui qu’éprouve un roi en se félicitant d’être roi.
Je jure devant Dieu que le bénéfice sublimissime que je retire à l’écoute d’une chanson d’amour d’Oum Koultoum est infiniment plus grand que celui qu’éprouve le plus grand amoureux de l’histoire de l’humanité.
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Parfois, il faut être puissant, pour ne pas utiliser sa force.
À suivre...
