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On nait bleu ou rose, toi
Tu es rouge dans un manteau vert.
Tu craches ta lave et t'éteins,
Tu veux qu'on se souvienne de toi.
Tu es indomptable, personne ne veut,
Ne peut être à ta place, tu prends
Tout sur ton passage, alors pourquoi?
Moi aussi je suis rouge.
Je me sens différent des autres, de toi.
La lave ne me brûle pas elle me réchauffe.
Serai-je aussi creux mais rempli de vie que toi?
En toute évidence, non.
J'ai une chose de plus,
Rouge dans un manteau vert au chapeau blanc.
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Fils,
Je suis rentré, mais
Tu n'es toujours pas là.
Tu ressembles à l'amour,
Présent mais intouchable.
Je te vois enfin, tu es loin,
Tu es trop loin dans ta couverture de livre.
Dois-je te montrer le chemin?
Tant de questions que tu n'entends même pas.
La vie est un paquet de cigarettes,
Fume ta vie à t'en brûler les doigts,
Mais ce n'est pas à moi de te dire ça.
Papa
La montagne légèrement au-dessus de l'horizon
- quand le vide s'installe enfin à l'intérieur -
dentelle l'idée de dieu
La neige est revenue de loin
- du fin fond de l'hiver au début du printemps -
et a surpris tout le monde
Nous n'en demandions pas tant mais
nous acceptions dociles sa présence
- Le froid nous faisait bien râler, un peu,
pour la forme -
Et l'éternuement montait, doucement, nous chatouillant le nez
Attention - s'il s'expulse
le
temps du givre s'annonce
en plein coeur de l'éternité
Enfants sur une luge dans la neige
Futur chiens de traîneau de l'état.
Le monde a des métastases
La table ronde prévoit
Quelques degrés en désaccord.
L'homme de la terre
Ira essouffler le soleil
Se brûler les ailes:
fusées colonisatrices implosent
Casques lunaires étoiles-filantes
La gravité de la situation
(notre poids est multiplié par X facteurs)
Nous pourrons applaudir
En voie d'extinction.

Un début qui n’a pas encore commencé et une fin qui n’a pas été finalisée.
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Ce poète ne connaît jamais la nuit, mais le soir!
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Je n’aime pas les poètes qui se font de véritables cascadeurs dans leur poésie.
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I Tel considère le poète comme celui qui monte sur les chevaux des mots.
II Tel considère le poète comme celui qui monte sur les mots, comme des chevaux.
III Tel considère le poète comme celui qui monte sur les mots comme sur des chevaux.
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Le comble de l’insomnie, c’est de ne pas pouvoir dormir alors qu’on n’a pas sommeil, mais plutôt de ne pas pouvoir dormir alors qu’on a sommeil.
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Je réinterprète la poésie, des autres, sans le faire de la musique.
Donc, la musique est supérieure à la poésie.
Je réinterprète la poésie, sans le faire de la musique.
Donc, je préfère la musique à la poésie.
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En plein milieu de la nuit, j’ouvre les yeux, et je vois littéralement des chimères évoluer à quelques mètres de la porte de la chambre.
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En plein milieu de la nuit, j’ouvre les yeux, et j’imagine des phénomènes paranormaux. Pour me faire inexplicablement peur. Et j’y parviens.
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Un silence plusieurs fois centenaire a été trouvé au pied d’un arbre que l’on avait construit il y a à peine une année.
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Les hautes libellules ne sont pas forcément celles qui volent le plus haut dans le ciel.
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Entre le silence et l’immobilité de la pierre un espace interstellaire peut-être plus déconcentré encore que celui du cosmos.
ou plus lâche.
ou plus dense.
ou plus fluide.
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Il doit être très agréable aux oiseaux de mourir d’une mort naturelle en plein vol.
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Cet homme fait de la belle résistance en mourant: il sourit.
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Il a fallu à la mort beaucoup de talent pour que Mama meure aussi doucement et sereinement sans la moindre convulsion.

Pataugez-vous en vin ? sera ma première question
Vous revendiquez l’ivresse et prenez l’éventualité divine à témoin
Mais cueillez-vous donc tant de fleurs ?
Au détriment du jeun, vous accomplissez la vie
Sans doute…
Khayam de
Nishâpur, ville de roses et de tulipes...
Rendez-vous compte mon cher savant !
Votre bosse des maths est votre prétexte au décompte
des jours
En compagnie du vin sur des routes en soie
Vous avez bu l’alcool du temps
Et sa victoire impliquait la rébellion…
Vers l’est, Ispahan et Samarkand où vous tissiez votre nom...
Vous jouiez sur des airs que tant ne comprenaient pas
Qu’en est-il de votre lumière ?
Conversation avec un fabricant de tentes persanes...
Vous me plaisez beaucoup décidément !
Mais pourquoi des fleurs ?
« Khayam qui cousait les tentes de l’intelligence, […] le brocanteur de destin le mis en vente contre du vent. »
Épitaphe au parfum d’insomnie,
D’insoumis aux yeux de djinn brillants de fièvre
Comment vous sortit-elle de terre ?
Tu te portes comme un charme du haut de tes neufs siècles !
Ce pays de soleil levant te fit jaillir du magma des hommes
Comme un défi
Retour au cœur du Khorâsân...
Mais le soleil ne naît-il plus là-bas ?
Que pensez-vous de la poussière ? votre poussière !
Khan de l’esprit
Artisan de l’hybris
Concepteur de décombres
Chantre de l’éphémère
La beauté vous était-elle une blessure ?
La litanie du vin,
La quête ou la fuite en la maison-du-vin
Meïhaane refuge en verres rouges enlacés
Comme ces femmes au nom de fleurs
Omar ben Ibrahim al-Khayami...
Comme toi je pense que les femmes sont des fleurs
Et, comme toi, j’aime le vin…
