Cette sensation d’être noyé dans la masse, pris au milieu des cris, et de devoir crier plus fort pour
émerger du magma des autres
N’importe quoi ! Idée individualiste ! Nous sommes mais si pauvres et si seuls, sans
unisson
Discordants solitaires pétris de mauvais rêves…
Autres qui labourez le vaste champ de nos solitudes
Faites donc germer l’espoir !
En grandes pompes
s’il vous plait ! Vidangez-nous de ces jours sombres
Faites valser les
abat-jours, œillères de l’éclat divin
Mangeons l’altruisme en grappe en rendant grâce au son ténu de nos souffrances et de nos
joies
Celles qui nous ont forgés
Celles qui vont
marquer nos rides
Tous ces traits autour des yeux du rire, et le soucis en barre au-delà des sourcils, et qui
seront notre livre vivant des heures encore chaudes où le visage en vie s’expose à tous les temps
Où quand le cri des sans-prophètes jaillit des larmes et que le monde exploite nos
continuations
Où quand la vue des îlots de sérénité nous aura collé l’âme aux fesses pour ne plus se
départir des astres des autres qui nous rendent heureux
Et j’aurai vu la mer se glisser sur nos âges, et j’aurai vu la terre nous accepter dans sa
révolution – la première qui fut, la dernière qui sera
Quand les fientes du ciel sèmeront des nuages – Quand de ses brumes noires l’histoire acclamera la
fin des hommes – Restera le souvenir des pierres qui, un jour peut-être, furent taillées, signifiant la beauté de nos mondes enfin morts
Rotonde idée du ventre ensemencé d’enfance
Forteresse d’amour, enceinte insouciante
La terre accouchera d’un songe à son image
© VD - Hotel Room
Tentative de suite...
J’ai dans l’idée qu’un jour
Nous pourrons structurer une pensée
C’est possible
Nous l’avons déjà fait
Il a beau dire
Nous ne croyons pas à
L’assoupissement
Il faut comprendre qu’à la suite de l’idée
Ne se présente pas forcément
Beaucoup
D’horizon
Ecrire serait creuser l’horizon
Pour y discerner des failles
Des ruptures de ligne
Des variations
Entre
Le mouvement des vagues
Nous rejetons l’idée d’une pensée morte
Tournée sur elle-même
Cannibale
Toujours une ligne d’action
Est un point tendu vers
L’infini
Il y a des méandres dans ce mot
Bien sûr
Des tentatives
Nous y avons des éclairs
Possibles
Pour ne pas dire tout à fait
Notre place
(L’ivresse)
Certains posent leurs mains
En oubliant leur force
D’autres pêchent par excès
De délicatesse
(L’heure avance)
(L’heure tourne)
D’une seconde à ravir
Progressivement à l’autre
Nous grapillons
Des minutes aux heures
Et nous retardons
L’échéance
(Croyez-le ou non)
.
.
Il faut dormir bientôt
Et penser à sauver ce qui peut encore l’être...
Mais ce Je n’est plus rien dans la nuit qui me vole
L’appétit de mon corps projeté sur le mien
Entre ma vie se coupe en étapes succinctes
Un souvenir majeur de rubis et d’absinthe
Qui replonge à grand cri dans le fracas du monde
J’inonde à perdre haleine un espoir et sa larme
De connivence feinte flétrie sur son onde
Charme attaché au mien et de lui-même épris
J’attache un cœur sans vie au marbre de mes mains
.
.
Dans la tristesse –
J’aurai encore des choses à dire
Mais je me remplis lentement
Il faudra parvenir au calme
Et ce sera difficile
Il faudra apprendre à mâcher
Plus que de coutume
- À déglutir lentement –
- À déglutir lentement –
(...)
Un petit soleil mauvais couvert de larmes
Et qui gronde insolent à se prendre
Pour un orage
Un foudre de guerre faudrait-il dire !
- Aujourd’hui le soleil
A pété plus haut que son cul
Et s’est entouré de brume –
(...)
Ma tête est mon pré carré !
- Filiforme apostrophe que rien n’assomme -
J’inspecte sa dentition presque blanche mais
Cet état me fatigue
- Quand l’horizon louche à se croire crucifié -
Banque en banquet bancal abdique quiproquo abscons nous qui sans cœur courons à corps complet en quelle cuite conne, cuisses en corne, queue en quinconce,
connaissons
