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C’est la première fois qu’il part faire du camping en Ardèche.

Tout un week-end… sans ses parents !

Son père dans la voiture les taquine, son meilleur ami et lui.

Il leur raconte une virée, qu’il a faite en Espagne avec des copains : les galères en stop sous la pluie, sa première cigarette, les petites espagnoles…

 Une fois au camping, en embrassant son fils, le père lui dit :

- Ne faites pas trop les cons...

Et lui glissant dans la main une boite de préservatifs, il ajoute :

- Tu pourrais en avoir besoin.

Le père s’en va, les deux ados commencent à s’installer…

Ils montent leur tente à côté de la rivière, posent la guitare sur une pierre, le réchaud et les pâtes à l’ombre et les bières dans l’eau.

Livrés à eux-mêmes, ils sourient pour rien…

Les derniers rayons du soleil viennent réchauffer leurs torses glabres et nus.

Ils se sentent libres… ils sont bien.

Fièrement, ils regardent passer les jeunes filles encore accompagnées par leurs parents.

La première bière décapsulée… la première cigarette allumée…

Lui, muni de la guitare, joue un  Marche à l’ombre  énergique tandis qu’Alex, couché sur l’herbe, gribouille sur son cahier quelques phrases poétiques.

La musique… Il sent peu à peu sa vocation de musicien s’affermir.

Les bières s’amoncellent à côté de la tente, les deux amis discourent musique et révolution, les mots « liberté », « chansons » reviennent sur leurs lèvres comme un refrain jusqu’à ce qu’ils soient évincés par des préoccupations de leur âge.

La discussion glisse alors sur les filles, mais non point de façon vulgaire, comme au lycée.

Ils se surprennent à être sincères.

Ils sont heureux d’avoir parlé ainsi, pour la première fois de façon franche.

Ils sentent maintenant cette forte amitié qui les lie ; ce sentiment les envahit…

Une musique tintinnabule au loin.

C’est un air qu’ils connaissent par cœur…

Ils se lèvent en chœur et se dirigent au crépuscule vers le bar du camping.

Là, un vieux musicos de cinquante balais reprend de vieilles chansons françaises : Le plat pays, Les vieux amants, Les feuilles mortes, L’auvergnat

Alors, les deux adolescents crient sans hésiter :

- Du Renaud ! Du Renaud !

Au bout d’une heure, le musicien ne fait plus l’unanimité.

Ils se surprennent, de concert, à le critiquer… jusqu’à ce que leur attention  soit attirée par le banc d’à côté, sur lequel se trémoussent troisjeunes adolescentes.

Ils n’osent pas les aborder.

Ils se mettent debout, ils se bousculent, rigolent fort et faisant semblant d’aller aux toilettes, ils passent et repassent devant le banc.

Au bout de quelque temps, l’une d’entre elles, prétextant de leur piquer une cigarette, les aborde.

Après quelques mots échangés, le regardant lui,  droit dans les yeux, comme ça, sans préambule, elle dit :

   - Tu sais, ma sœur te trouve mignon…

Alex pouffe de rire…

Il  sent soudain sa gorge se serrer.

Il ne répond rien, il ne sait que répondre.

Son pote sourit nerveusement, la jeune fille lui chuchote quelque chose à l’oreille, tous deux s’éclipsent…

Il reste seul un court instant.

La soeur arrive…

Maintenant ils sont assis sur le banc comme deux inconnus…

Ils n’ont rien à se dire, leurs lèvres se rapprochent, ils s’embrassent.

Pourquoi ?

Ils ne le savent pas vraiment... la situation…

On leur a donné un rôle à jouer, ils le jouent.

Et puis, une fois que le corps a parlé, tout devient plus facile.

Subitement ils se comprennent, sans échanger un mot.

C’est drôle, c’est bien ce soir là qu’il sent pour la première fois que les êtres ont cette faculté de s’exprimer sans avoir rien à dire…

Main dans la main, ils rejoignent les autres…

Alex gratte sa guitare, les deux jeunes filles ne le quittent pas des yeux.

C’est une chanson de Brassens : Mourir pour des idées.

Les paroles lui semblent loin, très loin.

Une parole… ils s’éclipsent sous la tente.

Il fait noir.

Quelques instants...

Ils se mettent à explorer leurs corps…

Nulle parole, nul regard...

Les sens seuls parlent, protégés par l’obscurité.

Cette conversation tactile lui semble si précieuse qu’il n’en est jamais rassasié.

L’acte sexuel ne lui vient même pas à l’esprit, l’innocence lie leurs sens et les caresses instinctivement parsemées sur leurs corps vierges ont la saveur de l’inconnu.

Il ne le sait pas, mais ce sont des gestes qu’avec l’âge il oubliera.

La nuit est brève.

Les premiers rayons du soleil déjà éclairent leurs visages.

C’est l’heure du premier regard, de la première parole, il l’entend

murmurer :

- Je t’aime…

A ces mots, soudain, une sensation désagréable…

Ces mots, il ne les comprend pas…

 Comment pourrait-il les comprendre ?

Pourtant…

Un jour, bien plus tard, assis confortablement à la terrasse d’un café, jouant avec ses clés, en paix avec lui-même, il éprouvera pour une autre, pour Elle, ce que cette frêle adolescente avait sans doute ressenti pour lui…

 

Il comprendra.


 

Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 18:48
- Par Y.L - Communauté : le texte voyageur - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Cest au cours d’un voyage scolaire en Italie.

Il s’en souviendra… toute sa vie, enfin… c’est ce qu’on dit.

L’adolescente s’appelle…

Elle est en troisième…

Lui en cinquième.

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Pour la simple raison qu’on se moquait de lui !

Pourtant, lui, il s’imaginait que le premier baiser était dans une vie un acte important, qu’il fallait, pour l’accomplir, éprouver ce sentiment surnaturel qu’on appelle l’amour. Lui, il ne connaissait rien à l’amour.

Parfois, il se disait qu’il l’aimait, elle…

Il n’en était pas sûr.

Mais quand elle était près de lui, il se sentait bizarre, comme différent.

Mais elle ne lui avait rien demandé, elle ! C’était l’autre qui voulait sortir avec lui...

Comment déjà ? Constance… Clémence… Clarence…

Donc ce fameux soir, C* vient le voir, suivie par  une cohorte d’adolescentes, toutes excitées.

Tous deux timidement se dirigent vers un coin sombre, sans parler.

Ils restent face à face un long moment.

Brusquement, C* met les mains autour de son cou ; malhabile, il lui emprisonne la taille, leurs yeux se rencontrent, avant de se fermer…

Leurs langues s’enlacent.

Un peu plus loin, on entend des rires, des gloussements…

Le baiser dure longtemps.

Il ouvre les yeux de temps en temps, il ne sait pas s’il doit s’arrêter ou continuer…

Il commence même à avoir du mal à respirer, mais, satisfait, il pense :

- Ca y est, c’est fait !

Soudain, il songe, naïvement, qu’un monde meurt…

Il a l’impression d’être un grand, plus jamais il ne sera comme avant.

Ils s’embrassent encore deux ou trois fois, chaque baiser dure une éternité.

A la longue, il en a un peu marre de  faire tourner sa langue encore et encore, inlassablement, mais il ne dit rien, avant qu’un filet de bave vienne s’accumuler sous son palais et l’empêche de respirer.

Ils se séparent sans un mot.

Quand il rejoint ses copains, ils trépignent, lui donnent l’accolade dans le dos, ils sont fiers de lui, peut-être même un peu jaloux…

C’est bizarre… comme s’il avait accompli un exploit surhumain.

Il joue son rôle, plaisante avec eux, leur donne de faux détails et d’autres indiscrets.

Et finit par  conclure que l’autre, C*, ne sait pas embrasser…

  

Quand il s’éloigne de son groupe d’amis, il croise tout à coup le regard de celle qu’il croyait aimer.


 

Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 18:46
- Par Y.L - Communauté : Revue poésie et nouvelles - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Martine Fugue

Elle a tout prévu.

Elle a fait son sac en douce avant de se coucher.

Après le repas, elle s’est levée à pas de loup, pour chiper dans le frigo une part de pizza, deux pommes… et, bien sûr, une tablette de chocolat.

Un bond…

Elle saute du lit pour tout revérifier une dernière fois.

Trois culottes, trois paires de chaussettes, une jupe, un jeans, une carte de France, une lampe, un couteau suisse… et, bien sûr, sa petite trousse de maquillage.

Elle aurait dû prendre un pull, mais dans la rue, quand on est trop chargé, on éveille l’attention…

Elle n’a pas de projets précis…

La route…comme Kérouac…

La bohème… Comme Rimbaud !

Elle s’imagine la réaction de ses parents…

ça sera bien fait pour leur gueule, surtout pour celle de son vieux !

C’est vrai qu’elle va regretter sa chambre, ses poupées, son Clowny… ses cassettes… 

L’heure tourne…

Elle commence à lutter pour ne pas s’endormir.

Elle a prévu de partir à l’aube.

Elle se récite un court passage d’un poème « Demain dès l’aube…. »

Prendre un train au hasard…

Elle a assez d’argent pour vivre une semaine dans une auberge de jeunesse...

Mais après ? Soudain elle doute !

Pour la première fois, elle se pose un tas de questions...

Si la police la cherche… si elle tombe sur des mecs louches…

Pour ça, elle a son couteau…

Trop tard pour reculer !

Le sommeil l’enlace peu à peu… elle ferme les yeux…

Tout à coup elle les ouvre !

Affolée…

Sept heures ! Des bruits de pas dans l’escalier.

On frappe à sa porte…

Son père… qui vient comme d’habitude la tirer du lit.

Elle se tapit sous ses couvertures… grogne ! Tant pis…

 

En se levant ce matin là, elle se jure, « croix de bois, croix de fer »… que la nuit prochaine sera la bonne !

 

 

Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 18:42
- Par Y.L - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture.. - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Yiannis-Silhouettes 0022

A la ferme, elle ne s’ennuie pas.

Elle se lève très tôt, comme les jours d’école, mais plus en forme.

Elle déjeune près du fourneau d’un grand bol de lait chaud quand son papy a fini de traire les vaches.

Ensuite, elle va à l’écurie pour donner du fourrage aux lapins.

Parfois elle en prend un dans ses petites mains, le caresse longtemps, avant de le reposer toute triste dans son  clapier …

Une fois dans le poulailler, elle s’avance très doucement…  sans bruit, à pas de loup, pour surprendre une poule en train de pondre l’œuf.

Elle connait par cœur toutes leurs cachettes et dans son panier en osier, un à un, délicatement, elle dépose les œufs.

Vers onze heures, mamy l’appelle…

Le cahier de vacances.

Distraitement, elle fait ses devoirs tout en pensant qu’elle ira voir, après, sans rien dire, parce que c’est dangereux, l’essaim d’abeilles niché entre la vitre et la fenêtre du grenier.

A midi, grand-père se fait attendre et comme d’habitude grand-mère ronchonne :

- On ne sait pas où il passe celui-là…

Au milieu du repas, on entend toujours un bruit de moteur, sauf les dimanches...

Elle saute de sa chaise, court jusqu’à la boîte…chaque jour elle reçoit des nouvelles de ses parents…

L’après-midi, quand elle n’a rien à faire, elle aide sa grand-mère à éplucher les patates, ou à faire une tarte aux pommes.

D’autres fois, elle va voir ses tantes qui lui apprennent à jouer aux cartes, qui l’emmènent dans la forêt chercher des myrtilles et des framboises.

Certains jours, de mèche avec son grand-père, elle monte sur le tracteur et l’accompagne faner le foin dans les champs alentour.

Ils reviennent avant la nuit.

Le soir, elle est fatiguée... plus que les jours d’école.

Elle s’assoit à côté de la cheminée, un livre dans les mains, les pieds au chaud et écoute les adultes parler.

- Elle ne s’ennuie pas trop, la petite ? demande une tante.

- Oh ! Vous savez qu’elle aime  venir ici ! Quand on ne sera plus là, ma pauvre, ses parents ne viendront plus mais je vous assure que la petite, elle, elle y viendra…

Elle ne dit rien, la petite.

Plus tard, adolescente, elle comprendra cette phrase d’un livre :   

 

Les lieux de l’enfance sont des temples sacrés

Qui, quand on y revient, nous livrent leurs secrets .

 

Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 18:37
- Par Y.L - Communauté : Revue poésie et nouvelles - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Un souvenir mélancolique

M'a filé la colique

Et comme un alcoolique

Je bois.

 

Etranges sont nos cavalcades

Nos froides mascarades

Ses larmes en cascades

Pour toi.

 

Mais pourrait-on vivre autrement

Comme Lautréamont

Dans un enfermement

De soi.

 

L'alcool lave les écorchures

Le sang sur nos mouchoirs,

Nous conduit sur un char

De soie.

 

Soyons honnête avec nous même

Dans le cou des étoiles

Enfin tombe le voile

Et moi.

 

Narguant une dernière fois

Les anges indigestes

Je rassemble mes restes

Et fuis

 

Avalant des bouchées de nuit

Sans me rassasier

Je détruis casanier

Ma vie.

 

Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 19:14
- Par Y.L - Communauté : Poésie contemporaine - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Deux mille huit sonne comme un renoncement…

Tu goberas demain et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront doucement

S’éclipsant l’un de l’autre en une étreinte blême.

 

La tristesse s’attire et l’union de deux êtres,

Parfois n’est qu’un mensonge quoi qu’ils en laissent paraître...

Un effet de miroir où chacun débroussaille

Dans un vague reflet le passé qui l’assaille

 

Oui ce n’est que cela le soi-disant amour :

Trouver un peu de soi dans celles qui nous entourent !

 

Mais je n’ai jamais bien compris, moi, ce besoin d’ivresse,

De ne plus être soi, de s’oublier en somme,

De lentement se fondre sous une caresse,

De renoncer souvent à ce qui fait de nous des hommes.

 

Les élans les plus purs sont de pâles squelettes

Que la vie redondante assomme à l’aveuglette

Et ceux qui ont aimé ont l’œil fier et fragile

Les mains fanées, le corps cassé, le cœur humide.

 

Ils oscillent entre l’amour et l’amertume.

De leur être s’élève une offense insensée,

Tu les verras pleurer pour rien, un simple rhume

Ou chanter à voix basse des airs surannés.

 

Quelles infirmités les poussent à fouiller

Leur passé poussiéreux, à vivre d’espérances ?

Ils se disent humiliés et la lèvre mouillée

Ils vont, viennent et se saoulent de leurs errances.

 

Mais moi je ne suis pas de ceux qui renoncent facilement

Tu goberas demain, et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront promptement

Se fondre l’un à l’autre en une étreinte blême.


 

 

 

Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 19:12
- Par Y.L - Communauté : poésie en vrille et en vrac - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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Je devais embarquer dans une nef,

Mais, la S.N.C.F,

A contre courant des contractuelles,

Est trop rarement ponctuelle.

 

Aussi, prenant mon mal en patience,

Assis, sur le quai en silence,

Je rattrapais le temps perdu

En goûtant les grands crus, amendés par le temps,

De la littérature.

 

La littérature, c’est de la confiture…

Il se présenta à moi de la sorte.

Fagoté comme un as de pique,

Il sortit un pack de son sac,

Un briquet de son froc,

S’assit, posant ses yeux, menaçant,

Sur le plouc d’à coté tiré à quatre épingles

Qui le dévisageant commençait à jaser.

 

Je sentis son besoin de s’épancher,

Et je ne pus l’en empêcher…

 

J’appris qu’avec son chien, ils dormaient sous les ponts,

Que dans une heure ils se rendaient en Avignon,

Pour rejoindre quelques amis kepons

Qui retapaient une bâtisse sans pognon.

 

Il me fit feuilleter le livre de maximes,

Qu’il traînait dans sa poche avec quelques centimes

Il contenait de vieux proverbes,

Et des portraits d’hommes illustres,

Des morceaux de romans,

Des ballades en rimes…

 

Pour lui, si contradictoires soient-elles,

Chacune de ces phrases lui avait servi,

Tantôt à affronter, tantôt à supporter,

Il n’alla pas jusqu’à me dire aimer la vie.

 

Dans ce gaillard robuste, effrayant, impulsif,

Touchant, perçait à jour le regret convulsif

D’un passé trop pesant.

 

Alors, là, sur le quai, virilement,

On se serra la main un court moment

Et en nous séparant

On se souhaita bonne route et beau temps.


 

 

 

Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 18:11
- Par Y.L - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture.. - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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J’amasse mes souvenirs rêvés

Au temps de mon enfance…

 

Assis sur ce banc de Florence,

Je trempe mes lèvres dans ma Guinness,

Tout près de moi une belle gonzesse

Plaisante avec une insouciante indifférence.

 

Les touristes passent, eux, ils ne font que passer,

Tout chez eux : leur tee-shirt de marin,

Leur short bleu marine, m’agace…

 

Dans ma torpeur je rêvasse…

 

 

Une Italienne,

Toute de noir vêtue,

Me fixe d’un œil de chien battu

Elle est en deuil, je la comprends.

 

Au loin les ballades des musiciens

Apaisent les gestes prestes

Des autochtones nostalgiques

Des longues promenades équestres.

 

Mais, déjà, je me redresse

Fiévreusement,

Clopin-clopant, je marche jusqu’à la gargote.

 

Sur la carte, les prix sont culottés,

A une table des vieux jouent aux dés ;

C’est jour de fête je commande

Un cocktail : rhum, poire et amandes.

 

Mes yeux se lèvent vers l’horizon,

Les musiciens musèlent la chanson,

Mes voisines de table me saluent,

En cette langue étrange et familière

Qui donne à leur discussion,

Un accent dégagé et des notes légères.

 

Et déjà en cadence,

Les visages défilent,

Dansent des inconnus avec des filles,

Mes souvenirs, ma vie, tout tangue,

Et parle ma langue natale.

 

Florence,

N’est plus qu’une chimère,

Comme ces lieux où l’on espère

Trouver l’oubli et le repos

Mais, qui, cruellement,

N’ont rien d’intime et de ressemblant

Avec les délices que comptait

Goûter, ici, notre imagination.

 

Alors je m’égare, fiévreux, les mots

Glissent sur le papier comme un tombeau,

Ma main papillonne électrique,

Et je ne peux stopper sa gymnastique.

 

Soudain Florence semble sombrer dans la Renaissance,

Mais de ses cendres ne renaissent

Ni mes espoirs ni mes sens

Qui se consument,

Par avance, comme l’essence.


 

 

 

Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 19:09
- Par Y.L - Communauté : Poésie contemporaine - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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