Man Ray, L'Etoile de mer (D'après un poème de Robert Desnos)
1928 / France / 17 min. 30 sec / 16 mm / N & B.
Avec Robert Desnos, André de la Rivière et Kiki de Montparnasse.
Le scénario de l'Etoile de Mer s’inspire de la lecture à haute voix d’un poème de Robert Desnos.
Toute chose
est relative
un ciel pourtant léger
peuplé de nuages lourds
ou ton ombre furtive
qui campe depuis des années
au fond de ma tête
Tout n'est qu'illusion
de poids et de valeurs
Et pour s'en convaincre
il suffit
de suivre des yeux
cette armée de fourmis
emporter sur son dos
un pétale immaculé
vers la crasse
des profondeurs
http://lameduseetlerenard.blogspot.com/
Monstrueux enfants du déclin
Varice à force de rupture
Inondera de sang nos pieds d’argile
Cruauté seule abstraite à
L’écoute de nos silences
Improbables
Nous communiquerons pour le bien de nos races
Insensibles à la grande question
D’après le vide
D’après le grand rien
Qui ronge – enfants
Nos sommeils
Et nos rêves sans suite
J’ai cru un jour
Pouvoir dire à mon père
Mes rêves d’enfant
J’ai creusé mon départ de mes trente-deux dents
Acharné
Sans démordre
Et les deux pieds sur terre
Mais la tête on sait pas trop
Où elle peut se perdre
Alors un soir
On creuse un grand trou
Et on la met dedans
Et on poursuit ses pieds
Jusqu’à l’autre trou
Bien plus grand
Que d’autres auront creusé
Pour nous
Six pieds sous terre
Là où les pissenlits
© Philippe Cognée, Triptyque "Rome", 2003
A Erico Nogueira lors de mon voyage à Rome.
Prodiges insidieux Sur le plan d’une colline se faufilent
parmi les écumes le théâtre imbibe le sacrifice Les rives
plongent devant la cohue Les fleuves bassinent le pâle reflet
du Triton Les fondations incrustent l’esquif D’une fenêtre
l’exquis cadavre veille les appâts Faux-fuyants faisceaux
spasmes psalmodient lâche farce chavire l’arôme de flacons
fragiles trace en deçà fantasque le chiasme encore des frasques
Millénaire dans le noyau des braises la peau suave aussi couvrent
autant qu’elles ne penchent les cendres Aussi frêles que douces
les lèvres trempent la pierre dans la fleur du mythe Pour peu qu’un
fantôme en cache un autre qu’un mot en révèle un autre l’un et
l’autre précipitent l’exsangue miroir Quelle forme pour quel
crépuscule quel échange pour quelle aurore L’indolence asséchée
dans les ruines, la fontaine peut être transie par la flèche et la perpétuer
d’ennui Endymion écoute la constance du rossignol
7 janvier 2011
Zachary Lusten
J’ai un peu de temps
Sur le bout de mes doigts
Qui s’accroche
Quelques flocons de neige
Sur les lèvres rouges
De l’oubli
Un peu d’eau claire
Sur les paupières
Un lambeau d’aurore
Dans l’iris étoilé
Du regard aimé
Et brisant le silence
Le cri strident
Du petit matin
Dessine l’horizon
Trait hérissé
De l’onde sonore
D’un vague chant intérieur
La mélopée
Enveloppe
La course folle
D’un souvenir lancé au galop
31/06/2010 - Régine Foucault©
Poème extrait du site :
http://www.mondalire.com/mots_
saisir le profil de la fille qui me file entre l'émoi
fébrile la feuille oscille et me grille sous les doigts
ses lignes graciles et son style, ô habile, m'assaillent
dégoupillent la bille qui vrille jusqu'au fond de ma faille
par petits appels de nerfs mes lèvres pêlent,
se rappellent du fier pinceau, appuyé de fièvre;
en fiel d'orfèvre qui fait frontière au réel,
l'instant tue l'intinct et installe le mièvre.
suis-je fou? suis-je fou? suis-je fou? ou fade?
je bave de brèves esquisses qui engluent sa malice,
malheur à mon ardeur, évolue en caprice:
"si tu veux un portrait en splendeur ordonnée,
désarçonner ma torpeur, il faudra te donner!..."
la belle hésite et lévite au dessus du moment
où belzébite crépite, attisée par l'aimant
du désir convulsif qu'elle suscite sans vouloir
s'asservir, lascive, à l'emprise qui vient choir
je veux tout, en ventouse, j'évente tout de la fable...
un avis vit une fois dans l'été d'une histoire,
ravi, il se déploie, sans étais, en lisse toile,
mais toisé par la vis du tord viscéral,
il vibre et avilit l'envie, se plisse et râle.
suis-je fou? suis-je fou? suis-je fou? ou fade?
(on peut fredonner ce texte sur l'air de "I want you" de Bob Dylan, ou pas...)
Commentaire reçu le 08.04.2011 pour le texte "Coïto ergo sum..."
Cette écume de verge verte
Au beau sillage de sa croupe
Étend sa trame tel un poulpe
À ma sirène aux mains offertes.
Nous naviguons, là, sur la crête
De ces fantasmes qui me coupent,
Entre ses hanches qui chaloupent,
Hurlant de leurs foudres muettes ;
La blanche ivresse de nos âges
Jouissance amère et sans partage
Jusqu’au beau zénith de son cul ;
Belle amplitude qui me voile
Ce trop d’essences sans dessus,
Ce jour nouveau qui nous dévoile.
“Hello, my love I heard a kiss from you
Red magic satin playing near, too
All through the morning rain
I gaze - the sun doesn't shine -
Rainbows and waterfalls run through my mind”
“Strawberry letter 23”, Shuggie Otis
à … N. A.
Une petite araignée au grand cœur
S’était égarée en plein marécage.
Surgit de nulle part un drôle, l’air hâbleur,
Démarche chaloupée, beau et sauvage.
La petite est émue : s’offre à goûter
A cette bête inconnue dont l’immense bouche
Déjà s’ouvre : « Quels beaux yeux, de toute beauté ! »
Belle araignée au cœur fêlé, prend garde – à la rengaine bullée par le bel inconnu -
Tout plaisir, fredonne l’air, n’est pas bon
A prendre ! L’écervelée se hasarde
A humer ce vin nouveau ; un litron
Suffit à l’enivrer…Sur la carte du Tendre
Elle s’abandonne, ses filets, et c’est nue
Qu’elle rougit, s’oublie, semblant mécomprendre
Que la route vers la joie s’encombre d’urubus,
Masqués de fer, tel cet ornithorynque
A l’ego de pierres lancées, qui ébranle,
Et pille, les ombres trop pâles, celles qui trinquent
L’eau trouble des mots en l’air. Lecteur, prend-le
Pour toi, pour tous ceux qui toussent à la minque,
Maudissant Indifférence en vaine criée ;
Ainsi nos lèvres se mouillent d’un beau mensonge,
Chaque cœur agite une araignée sans filet,
Chaque heure suffoque son regret qui la ronge.
