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Cest au cours d’un voyage scolaire en Italie.

Il s’en souviendra… toute sa vie, enfin… c’est ce qu’on dit.

L’adolescente s’appelle…

Elle est en troisième…

Lui en cinquième.

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Pour la simple raison qu’on se moquait de lui !

Pourtant, lui, il s’imaginait que le premier baiser était dans une vie un acte important, qu’il fallait, pour l’accomplir, éprouver ce sentiment surnaturel qu’on appelle l’amour. Lui, il ne connaissait rien à l’amour.

Parfois, il se disait qu’il l’aimait, elle…

Il n’en était pas sûr.

Mais quand elle était près de lui, il se sentait bizarre, comme différent.

Mais elle ne lui avait rien demandé, elle ! C’était l’autre qui voulait sortir avec lui...

Comment déjà ? Constance… Clémence… Clarence…

Donc ce fameux soir, C* vient le voir, suivie par  une cohorte d’adolescentes, toutes excitées.

Tous deux timidement se dirigent vers un coin sombre, sans parler.

Ils restent face à face un long moment.

Brusquement, C* met les mains autour de son cou ; malhabile, il lui emprisonne la taille, leurs yeux se rencontrent, avant de se fermer…

Leurs langues s’enlacent.

Un peu plus loin, on entend des rires, des gloussements…

Le baiser dure longtemps.

Il ouvre les yeux de temps en temps, il ne sait pas s’il doit s’arrêter ou continuer…

Il commence même à avoir du mal à respirer, mais, satisfait, il pense :

- Ca y est, c’est fait !

Soudain, il songe, naïvement, qu’un monde meurt…

Il a l’impression d’être un grand, plus jamais il ne sera comme avant.

Ils s’embrassent encore deux ou trois fois, chaque baiser dure une éternité.

A la longue, il en a un peu marre de  faire tourner sa langue encore et encore, inlassablement, mais il ne dit rien, avant qu’un filet de bave vienne s’accumuler sous son palais et l’empêche de respirer.

Ils se séparent sans un mot.

Quand il rejoint ses copains, ils trépignent, lui donnent l’accolade dans le dos, ils sont fiers de lui, peut-être même un peu jaloux…

C’est bizarre… comme s’il avait accompli un exploit surhumain.

Il joue son rôle, plaisante avec eux, leur donne de faux détails et d’autres indiscrets.

Et finit par  conclure que l’autre, C*, ne sait pas embrasser…

  

Quand il s’éloigne de son groupe d’amis, il croise tout à coup le regard de celle qu’il croyait aimer.


 

Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 18:46
- Par Y.L - Communauté : Revue poésie et nouvelles - Publié dans : YiANNiS LHeRMeT //
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