Nous sommes venus visiter ton nouveau domicile
L'angoisse au ventre dans l'avion
Le cœur amer à l'atterrissage.
La chaleur nous a étreints,
L'humidité nous a trempés.
En arrivant à ses abords,
Nous a saisis cette splendide propriété.
Côté Sud l'océan s'étire
Comme un rappel de l'infini,
Côté Nord la montagne se dresse
Et l'on doit lever les yeux pour l'admirer.
La bâtisse où tu demeures
Est une alliance de pierre et de métal
Elle a le cachet des demeures anciennes
Pleines des empreintes de nos aïeux.
Un flamboyant majestueux te protège du soleil
De tous côtés le silence règne, le calme domine,
C'est vrai qu'il y a une belle vue sur la mer
Dans ce cimetière.
Blanc, calme plat
Aucune idée cortège
Rien sur elle
Rien sur moi
Pas même un drap.
Banalités absentes
Rien au ras des pâquerettes
Mots silences
Rimes rares
Vide
Pudeur
Je n’ai plus l’arrogance d’écrire
De dévoiler
De tenter de décrire
De momifier
Ce qu’elle n’est sûrement pas ou ce qu’elle est.
Elle
Elle ne dit rien
Les mots froissent le trait
Salissent la sueur
Et à quoi bon, au fond se répéter
Elle ne veut rien du sens
Ni que j’emploi des verbes amoureux
Les mots, tant pis pour eux
Le langage corne l’idée
Le corps s’est exprimé
Regarde à l'heure précaire
trente ans dans les promesses
trente deux dents fondues pas chères
bouche béante devant le seuil
appauvri s’engouffre l’air et gaze hilare
coulissant à plein tube
fosses nasales et vacantes
les logements
des nus vestimentaires
demeures pour sable marchand
les yeux levés une bataille céleste
entre Morphée et Damoclès
une empreinte, mêmes pas stables
duel au pré dans hautes sphères
regarde ailleurs qui n’a rien
droit devant le cou se libère
la poésie s’écharpe
autour du Précarien
http://lesfossilespaupieres.blogspot.fr
son œil est à l’absence
femme dormante ouverte sur le toit
sur l’écume iodé d’un souvenir
(je le sais à l’oiseau qui traverse sa tempe)
elle n’a plus maison ni jardin
plus de reflet tronqué dans la buée du soir
ni même d’enfant bleu fiché dans sa poitrine
ses cheveux se décoiffent
ses doigts s’amenuisent
tout angle s’adoucit
de son visage en
fractions de secondes
qui seules
demeurent
une fois de plus
l’urne funéraire
j’ai pesé
son éclat d’entre-monde
tenu comme un secret
terre-mère
et sa tige filée
entre les dents sa fleur
son haleine souffrée
senti la faim proche
confondue
dans un désir pugnace
une fois de plus
nos cendres à venir
Georges Brassens, Mourir pour des idées
(cc) Mourir pour des idées… / Vincent Delhomme
Lourd… Lent…
L’encre sur le papier
Ça rame…
Marre…
Râle d’âme mon amiral !
Ramdam
Bordel dans mes entrailles !
Barouf
(Compréhension de
L’homme sur le papier…)
Je veux être un bourreaux
Aimer ma tâche !
Et puis je veux des preuves !
Comme du sang sur les mains…
(accuitement
semontiel
borgne absorbant blême)
J’accroche vent sur mer
Comme voile
Vent sur mer
(Laissons nous guider
Quitte à quitter la route…)
Merde !
Je ne comprends plus
Rien
Je broie
Les rêves d’un autre !
Merde !
Ça ne ressemble plus
À rien
Repos…
Mon postérieur si peu tanné
Sinon par les chaises
(Une fesse sur chaque
Embouchure…)
Jure ! Jurons !
Merde !
C’est moche !
Insatisfaisant – dé sorti de mes mains
N'arrêtant pas de rouler…
L’attente un jour se lasse…
Ce sont des mots pour dire
La frustration
L’enlisement
Plus ou moins
Conscient
L’espoir
S’amenuisant
Nuisible
L’espoir réclamant son dû.
OK moi là-bas !
Faisons réconciliance !
(à force de
néologismes
serons-nous à m’aimes ?)
C’est possible…
Aucune fluidité
Perdu la musique
Merde ! j’ai
Perdu la musique
Cela sent un peu
Le conifère…
Cela sent le vent mauvais
Sans la joie de boire à sens dessus
Sans la joie de l’ivresse
Peut-être mais
J’irai encore
Au-delà des pyramides !
Aïe !
Faudra-t-il comprendre
La vie dans ses extrêmes ?
Pouvons-nous devenir
Extérieurs à tout ça ?
Sinon ça va…
Aigreur…
Alcool…
Soyons clairs :
J’ai un peu bu ce soir…
Excusez-moi !
Je me suis embrumé
J’ai bu des litres exsangues de tous soupçons
Sauf du lendemain
À l’haleine fauve
Entre rêve et nuages
Une horde de neige
S’élance au galop
D’un trait d’or
Elle dévore
La lumière cristal
L’obscurité soudaine
Amplifie
Le souffle animal
Du silence
La nuit
Secoue sa crinière
Et constelle
Le ciel
D’étoiles
Les refrains ressassés de mon enfance…
A l’heure du berger,
Je me croyais si différent des autres
Que j’ai voulu leur ressembler.
Maman me contait des histoires.
Dés les premières pages,
Je m’endormais debout,
Mes rêves me berçaient comme une balançoire,
Le matin je me réveillais
Fier, alerte et frais.
Mes plaisirs étaient vifs,
Et mes renoncements distraits,
Mes lectures sauvages,
Jamais je ne lisais plus de trois pages,
Sauf, les intrigues policières
Qui éveillaient en moi,
Déjà, le goût de la fatalité,
Des éloquences ordurières,
Le désir du mystère
Et un dédain certain pour
La littérature d’aujourd’hui et d’hier.
CRISE
Quand déboire sera recraché des buissons
dardant sa foi malade
remède mal en pis, impie d'exhalaisons
3.14 à proximité d'incertitude
cercle de dune à rayons concentriques
ego sous mission de l'art gastéropode
piestomac ça oui
CRISE #2
Moi si sûr de l'être en décomposition
Rentre deux dents en bouche rance
à la haine si mauvaise
Quand les jours nés des fumées de leurs cigares
iront, l'un sous silence
l'autre s'oubli
LEITMOTIV
I have to write
I have to write
Des cieux sans fin sur le guidon
J’épouse enfin l’ennui des dieux
La voix du corps est sans issue
Tissu ocre de nonchalance
De peur, de chance aura perdu
Son ombre aux pieds qui se balancent
I have to write
Ses mains prenant mon sexe droit
Comme s’il n’était plus un enfant
Pour gouverner l’âge des rois
Il lui manquait deux ou trois dents
De sagesse
ÉCHO
Allez chante jeune fille !
Alléchée par tout ce qui
Pouvait nous plaire
Sale hiver pour votre bouche sèche
Embarrassée d’alcool et de bave gelée
TOMBE
qui l’entend ?
ce vol d’oiseau tremblé
dans le jour
l’onde de choc
déchire écorce
et racines
nul besoin de sang
sur la hache
seulement cette lame
de fond
puanteur de l’arbre
au milieu
goût de meurtre aiguisé
déguisé sur la langue
tombée
comme
tout
tombe
SI DESORMAIS
ici couché désormais les eaux retirées dans les plis matinaux
je respire l’accalmie
le bruissement des autres des enfants dans la cour son souffle
un rai batailleur sur le pan de mur mauve
marcher dessus
jusqu’à elle laissée là toute
un jour de présence commune
si couché dans les mots qui sont visage désormais
j’ôtais les dentelles du sommeil pour voir sa parole
dévêtue comme un seuil
au-delà
linéaments de mes guerres ajustées à son échelle intime
ici désormais le livre effeuillé nu de cendre de saison sous les doigts
se couche
aux pieds de l’hiver
on cherche un carré d’herbe
tendre où s’allonger
pour confier tout entier
son corps à lui-même
couvrir son ombre
ai-je été ce désir acéré
après la pluie d’automne
vraiment ?
de lumière
ce bout de façade en crue
